PostHeaderIcon Abattoir : témoignages et vidéos

• Témoignages

 

- d'une stagiaire véto


Durant la formation, plusieurs stages sont obligatoires, dont celui en abattoir.

Ouvrez les yeux et débouchez-vous les oreilles : Clic !

 



- d'une ex-étudiante en BTS Production Animale (boutdchup de Rescue)


"Il n'y a rien d'autre à ajouter à ce qu'a dit la stagiaire véto (témoignage ci-dessus). C'est une chaîne de la Mort.

On a remonté la chaîne, de la viande à l'animal. J'ai pû résister jusqu'à ce que l'on voit la vache en entier, morte, avec encore son pelage tâcheté, crême ou noir, les yeux qui sortent de la tête, la gorge tranchée, la langue pendante. Ensuite, mes yeux se sont remplis de larmes et j'ai laissé ceux de ma classe continuer sans moi. Ils ont remonté la chaîne un peu plus haut et ont vu les bêtes vivantes se faire lâchement assassiner.

Biensûr ils n'ont pas pu s'empêcher de me raconter comment cela se passe...
Les vaches sont entassées dans un enclos, puis l'enclos se rétrécit, et les vaches sont poussées dans un couloir. Elles ne peuvent être qu'une par une, à la queue leu leu. Ensuite une barrière, elles entrent une par une dans la "salle". Un appareil les bloque et les maintient immobiles. Puis, un homme passe au-dessus de la vache (il y a tout un système, comme un pont, au-dessus de l'appareil qui maintient la vache) et lui enfonce une grosse pointe dans le crâne. Ceci est censé tuer l'animal instantanément. C'est comme un pistolet, sauf que ce n'est pas une balle. Il s'agit d'une grosse pointe qui sort et qui rentre. Quand on appuie sur la gâchette, ça sort d'un coup avec une force inouie et ça revient dans le chargeur. Ensuite un autre homme, qui est en bas, égorge la vache et lui met une chaîne autour d'un des sabots des pattes arrières pour la soulever comme un vulgaire sac à patates. La bête se vide de son sang la tête en bas. Biensûr, elle bouge encore, mais "ce sont les nerfs" comme ils disent... J'en doute... Puis elle commence la chaine (là où moi je me suis arrêtée).
La chaîne va très très vite. A chaque étape, on lui enlève un truc. La peau, flaf, d'un coup tout est arraché. Et ils ont des énormes couteaux qui coupent comme des lames de rasoirs. Ensuite les yeux, la langue, les oreilles, ... Mais ils les gardent pour les boucles et pour pouvoir les identifier. Puis c'est de la boucherie, ils coupent chaque partie de la vache en tout petit bout, si bien qu'on ne sait même plus de quel animal il s'agit, à la fin de la chaîne."


Autres techniques d'abattage

"Parmi les appareils utilisés, il y a aussi ceux qui envoient une décharge électrique dans le cerveau de l'animal.

On a appris en cours les différentes techniques utilisées suivant l'animal, techniques que je n'ai heureusement pas vu... enfin si, en vidéo.

- chevaux : même technique que pour les vaches,
- porcs : deux pointes leurs rentrent dans les deux yeux et les paralysent, puis on les égorge,
- chèvre, moutons : on les égorge directement, il n'y a pas de pistolet,
- lapins : paf la tête,
- volailles : elles passent dans une machine la tête en bas et ressortent sans tête : elle a été sciée pendant le passage dans la boite (pour les poules pondeuses). Pour les autres, auxquelles on garde la tête, c'est comme les lapins : paf."

 

Explication du "paf"

"Il y a un mur, un homme et un lapin. L'homme prend le lapin par les pattes arrières et frappe sa tête contre le mur. Si ce n'est pas un mur, c'est par terre. C'est la même méthode pour tuer les porcelets petits. Quand tu vois ça, je crois qu'il y a une haine de l'homme qui s'installe en toi. Surtout le bruit du "paf", c'est tout simplement horrible. Je l'ai vu de mes propres yeux pour les porcs et en video pour les lapins."

 

 

- d'un ex-employé d'un abattoir


"Ce site (unamourvache.info) retrace parfaitement l'aperçu que j'ai eu, l'expérience vécue au sein de l'abattoir pour lequel j'ai travaillé : la cruauté humaine envers les animaux, les violences infligées à l'animal avant de le tuer,... La vidéo allemande ("meet your meat" en bas de cette page dans les vidéos) m'a particulièrement touchée, car j'ai vu en réel ce genre de choses et je peux te dire que ce n'est encore rien à côté des abattoirs de bovins et de chevaux. L'animal sait d'avance quelle sera sa destinée et le ressent, c'est ce qui est le plus dur à vivre, enfin, pas pour les tueurs qui sont de véritables assassins !"

 

- d'un autre ex-employé d'un abattoir : "Dans le crâne d'un tueur"

 

Vous pouvez télécharger le petit livret : Clic ! (.pdf - 389 Ko)

Auteur : Virgil Butler.
« Inside the Mind of a Killer » (31 août 2003) traduit de l'anglais par David Olivier.


Le texte ci-dessous est la traduction d'un témoignage disponible sur le site The cyberactivist1. Sous forme de textes brefs et incisifs qui auraient pu faire partie d'un journal intime, l'auteur nous y donne un aperçu du travail qu'il devait accomplir quotidiennement dans un abattoir. Le morceau que nous avons choisi de vous présenter évoque bien entendu les souffrances par lesquelles passent des millions, des milliards de poulets tous les jours, mais il nous permet également d'apercevoir l'autre côté du miroir : que se passe-t-il dans la tête d'un employé d'abattoir ? Les souffrances des poulets, d'une part, et de l'employé, d'autre part, ne sont pas comparables, mais il est rare de trouver des témoignages de cet ordre. Ce point de vue ne pourrait-il constituer un argument supplémentaire à l'encontre des mangeurs d'animaux : ont-ils déjà songé à ce qu'ils font endurer aux tueurs qu'ils engagent ?

Par ailleurs, l'auteur nous a lui-même confirmé que cet abattoir, dans lequel il a travaillé jusqu'en décembre 2002, fournissait Kentucky Fried Chicken (KFC), chaîne de restauration rapide américaine, contre laquelle People for the Ethical Treatment of Animals (PETA) a récemment monté une campagne.


"Voici un sujet concret auquel la plupart des gens ne pensent même pas, même ceux qui se battent pour les droits des animaux : comment les personnes dont la tâche est de tuer les poulets sont-elles affectées ? C'est que la machine à tuer ne parvient jamais à trancher la gorge de tous ceux qui défilent, surtout de ceux qui n'ont pas été correctement insensibilisés par le bac électrique. Il y a donc un « tueur » dont la tâche consiste à attraper ces poulets de manière à éviter qu'ils soient ébouillantés vivants dans le chaudron. (Évidemment, le tueur ne peut les attraper tous, j'en reparle plus loin.)

(En lisant ce qui suit, gardez à l'esprit que je travaillais dans le plus petit de tous les abattoirs de Tyson. Ils en ont des bien plus grands qui traitent des centaines de milliers de poulets par nuit. Bien sûr, ils ont aussi plusieurs tueurs ; il y a toujours un tueur par chaîne.)

Voici la situation : votre supérieur vous informe que cette nuit c'est vous qui êtes de service dans la salle de mise à mort. Vous vous dites, « Merde ! Cette nuit, ça va être dur ! » Quel que soit le temps dehors, il fait chaud dans la salle de mise à mort, entre 32 et 38 degrés. Les chaudrons maintiennent aussi le taux d'humidité autour de 100%. La vapeur d'eau forme dans l'air une sorte de voile permanent. Vous mettez votre tablier en plastique pour vous couvrir tout le corps et le protéger contre le sang qui gicle, contre l'eau chaude qui asperge la lame de la machine à tuer et nettoie le sol. Vous mettez vos gants d'acier et prenez le couteau. Il est très coupant, il faut qu'il le soit.

De la pièce d'à côté viennent les cris des poulets en train d'être suspendus par les pattes dans les pinces d'acier, ainsi que le cliquettement de ces pinces. Vous entendez le bruit des moteurs qui font avancer les poulets sur la chaîne. Le tout est tellement fort que vous pouvez hurler sans vous entendre vous même. (J'ai essayé, juste pour voir.) Vous communiquez donc par signes si quelqu'un vient dans votre salle ; mais cela n'arrive pas souvent, on n'y vient que par obligation. Et en évitant de vous surprendre - avec ce couteau que vous avez dans la main, il ne faudrait pas que vous vous retourniez brusquement...

Arrivent donc les poulets ; ils passent dans le bac électrique d'insensibilisation, puis dans la machine à tuer. C'est le moment de se mettre au travail. On peut s'attendre à devoir s'occuper d'un poulet sur cinq environ, dont beaucoup ne sont pas insensibilisés. Ils arrivent, comme je l'ai dit, à la vitesse de 182 à 186 par minute. Il y a du sang partout, qui tombe dans le bac de 8 x 8 x 50 cm sous la machine, sur votre visage, sur votre cou, vos bras, sur toute la surface de votre tablier. Vous êtes couvert de sang. Parfois il vous faut essuyer le sang coagulé, sans quitter des yeux la chaîne, de peur d'en manquer un ; ce qui arrive...

Vous ne pouvez pas les prendre tous, mais vous essayez. Chaque fois que vous en manquez un, vous « entendez » les cris terribles qu'il fait en se débattant dans le chaudron, se heurtant aux parois. Merde, encore un « poulet rouge ». Vous savez que pour chaque poulet que vous voyez souffrir ainsi, il y en a jusqu'à dix que vous n'avez pas vus. Vous le savez, tout simplement. Vous croisez les doigts pour que la machine n'ait pas de panne ou de défaillance. Vous voulez juste arriver à la fin de la nuit et rentrer chez vous. Mais il reste encore deux longues heures et demie avant la pause. Pendant plus de deux heures vous allez tuer sans répit. Au mieux une douzaine de poulets par minute ; au pire, bien plus que ça.

Au bout d'un moment, l'ampleur démesurée des meurtres que vous accomplissez et du sang dans lequel vous baignez vous affectent vraiment, surtout si vous ne parvenez pas à débrancher toutes vos émotions et à vous transformer en un zombie de la mort. Vous avez l'impression d'être un rouage dans une grande machine de mort. C'est ainsi d'ailleurs qu'on vous traite, pour une grande part. Parfois vous vienennt des pensées bizarres. Il n'y a que vous et les poulets en train de mourir. Vous êtes assailli de sentiments surréalistes et votre comportement barbare finit par vous horrifier.

Vous êtez en train d'assassiner des oiseaux sans défense par milliers - 75 000 à 90 000 par nuit. Vous êtes un tueur.

Vous ne pouvez vraiment en parler à personne. Les gars avec qui vous travaillez vous prendront pour un tendre. Votre famille et vos amis ne veulent pas en entendre parler. Cela les met mal à l'aise, ils ne savent pas très bien que dire ni que faire. Ils peuvent même vous lancer des regards bizarres. Certains ne veulent plus trop vous fréquenter quand ils savent ce que vous faites pour vivre. Vous êtes un tueur.

Vous êtes désespéré, vous pensez à autre chose, de peur de finir comme ceux qui perdent l'esprit. Comme ce type qui est tombé à genoux en suppliant Dieu de le pardonner. Ou celui qu'ils ont traîné à l'asile, qui n'arrêtait pas d'avoir des cauchemars où il était poursuivi par des poulets. J'en ai eu des comme ça, moi aussi. (Frissons.) Très angoissants. Il faut faut essayer de penser à autre chose pour essayer de se distancer de la situation. Il faut empêcher votre esprit de se noyer dans ces centaines de litres de sang qui vous entourent. La plupart des gens qui travaillent dans cette salle ou dans la cage à suspendre les poulets prennent quelque chose, un stimulant pour les aider à tenir le rythme, et quelque chose aussi pour échapper à la réalité.

Vous devenez plus facilement violent. Quand vous vous énervez vous tendez très facilement à attaquer la personne ou la chose qui vous irrite. Vous utiliserez plus facilement une arme que vous ne l'auriez fait auparavant. Tout spécialement un couteau ; un couteau tranchant. Vous êtes un tueur.

Vous vous mettez à ressentir un dégoût envers vous-même, envers ce que vous avez fait et continuez à faire. Vous avez honte de dire aux autres ce que vous faites la nuit pendant qu'eux dorment dans leur lit. Vous êtes un tueur.

Les gens ont tendance à vous éviter, même les autres employés de l'abattoir, que ce soit par instinct ou parce qu'ils savent ce que vous faites et ne comprennent pas comment vous êtes capable de faire ça nuit après nuit. Vous ne pouvez pas être normal. Vous empestez la mort. Vous êtes un tueur. Un meurtrier de masse.

Vous finissez par débrancher toutes les émotions. Rien ne peut plus vous importer sinon vous risquez d'ouvrir les vannes qui retiennent tous ces sentiments négatifs que vous ne pouvez vous permettre de ressentir, tout en continuant à faire ce travail. Vous avez des factures à payer. Il faut manger. Mais vous ne voulez pas de poulet. Ça, il faut vraiment que vous ayez faim pour en manger. Vous savez de quoi est faite chaque bouchée. Toute l'horreur, toutes ces choses négatives. Toute la brutalité.

Tout ces choses, concentrées dans chaque bouchée.

Beaucoup de gens qui font ce métier commettent des actes violents. Des crimes. Les gens avec un passé criminel tendent à se retrouver dans ce métier. On ne peut pas être doué d'un solide sens moral et tuer des êtres vivants nuit après nuit.

Vous vous sentez à part de la société, vous n'avez pas l'impression d'en faire partie. Vous êtes seul. Vous vous savez différent des autres gens. Ils n'ont pas dans leur tête ces visions de mort horrible. Ils n'ont pas vu ce que vous avez vu. Et ils ne veulent pas le voir. Ni même en entendre parler.

Sinon, comment feraient-ils, après, pour avaler leur bout de poulet ?

Bienvenue dans le cauchemar dont je me suis échappé. Je vais mieux maintenant. Je m'adapte avec les autres, au moins la plupart du temps..."

 

 

- d'une ex-employée d'un abattoir (Vita de Rescue)

 

"Je suis profondément choquée quant à ce qui se passe chez Charal entre autres... Donc je vais raconter mon expérience en tant qu'ouvrière de production dans un abattoir/découpe de volailles.

Je suis entrée dans cette entreprise parce que je n'avais pas trop le choix. Après plusieurs mois de chômage et une misère grandissante dans mon foyer, on m'a proposé ce poste en intérim et j'ai accepté. Je savais que c'était un métier difficile sur beaucoup d'aspects, mais je devais travailler. Pour ma part, j'ai été affectée à la découpe, donc je n'ai tué aucun animal, je me suis contentée d'entasser des ailes dans des cartons. Mais même à ce poste, j'ai pu constater que les animaux subissaient parfois des traitements assimilables à de la maltraitance, et je dois dire que les humains qui travaillent là, souvent par pur besoin d'argent pour vivre, ne sont pas beaucoup mieux traités. Je dirais que ces usines sont des havres de destruction du vivant.

40 heures par semaine à fréquenter des cadavres... Voilà ce qui résume bien mon expérience quant au travail que je faisais. Et s'il n'y avait eu que ça... A 7h30 tous les matins, arrivée de chauffeurs éreintés avec la "marchandise" entassée dans des camions qui puent la mort. Ca piaille de tous les côtés. Une partie des animaux sont déjà morts. Je ne sais pas ce qui en sera fait. Les autres se débattent pour essayer de s'enfuir. Certains échapperont à l'usine. En effet, il n'est pas rare que des poules ou poulets se baladent tranquillement dans les jardins voisins.
Les mines déconfites des employés qui abattent. Les mines tout aussi déconfites de ceux qui découpent et emballent, et la mine réjouie du patron. Puis le chauffeur qui repart à peine reposé chercher de nouveaux animaux.

De l'abattage en lui même je ne vois rien. Arrivée à la découpe. Des centaines de poulets morts et déplumés s'entassent sur des charriots. La cadence, il faut un max de produits prêts pour ce soir. Ca tombe par terre, ça va trop vite pour moi. L'odeur, en plus, est intenable. On me dit de remettre dans des cartons la viande tombée à terre. Si elle est souillée, ou de couleur suspecte (j'ai vu des ailes de volaille vertes, a se demander depuis combien de temps ils étaient dans l'usine) on les jette. Du gaspillage, du gâchis. Chaque jour, des dizaines d'animaux tués pour rien parce que leur viande n'est pas "conforme" à l'attente du client. Je me dis alors que des centaines de gens meurent de faim et qu'ici, on tue pour jeter... je suis dégoûtée. Fin de journée, repos bien mérité. Après m'être fait insulter par des supérieurs pour qui seul compte l'appât du gain, avoir emballé trois tonnes de viande qui finira pour la plus grosse partie à la poubelle, je rentre chez moi et je pleure. Au bout d'à peine un mois de travail, je démissionne et me jure à moi même que je n'achèterai plus jamais de viande produite par l'industrie.
Depuis, je consomme moins de viande, et je la prends dans des petites fermes familiales, là où on ne gaspille pas des vies pour faire de l'argent..."

 

• En images

 

- Charal vu de l'intérieur

Au journal télévisé le "19|20" sur France 3

Version courte : 3 min 45

Version longue : 8 min 18



• "Meet your Meat"

"Rencontrez votre viande" - en allemand, mais les images parlent d'elles-mêmes.

Source : veg-tv.info



• "Vos saucisses et votre fromage quotidien"

Découpé en trois parties.